14-18 Le livre de la mémoire

Hauts Tolosans

1918 – 2018  Centenaire de l’armistice

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Églises de Larra

Larra possède aujourd’hui une église située au quartier d’Emmenot.
Cette église a été construite de 1848 à 1861.
L’histoire du village révèle que jadis, plusieurs autres églises ou chapelles ont existé.
Hormis deux lieux de cultes gallo-romains probables aux lieux dits Larra et Bergé, nous savons qu’au treizième siècle il y avait une église à Saint-Séverin et une autre à Larra avec chacune leurs desservants.
Celle de Larra fut détruite durant la guerre de Cent Ans, au quatorzième siècle.
Le Fort d’Agia et le Château de Larra possèderont au dix-septième siècle leurs propres chapelles.
En 1794, l’église de Saint Séverin, s’étant écroulée suite à un ouragan, les paroissiens se réuniront pour les offices dans l’orangerie puis dans une dépendance du château de Larra.
Depuis 1861, seule subsiste l’église d’Emmenot.

Château de Larra

L’accès au château depuis la route se fait actuellement par une double allée en forme de lyre qui ouvre sur la cour d’entrée par un portail. A l’origine, il s’agissait d’un immense rond-point, visible sur le cadastre napoléonien et repérable aujourd’hui en vision aérienne sur les cultures avoisinantes. Cet accès, de très grande envergure, a été considérablement réduit.


Le jardin est situé à l’est du château. Il témoigne d’une transformation au cours du 19ème siècle d’un jardin antérieur d’esprit classique. L’état actuel peut être analysé en fonction du plan conservé d’époque Romantique. La partie centrale de la composition est occupée par un parterre à l’anglaise d’une largeur égale à la façade orientale du château et qui occupe en longueur les deux-tiers du terrain. Ce parterre est cantonné par deux allées parallèles qui se rejoignent en équerre, donnant accès à une troisième allée. A l’époque Romantique, cette troisième allée partait en réalité du château et constituait l’axe principal du jardin. Elle comportait un axe transversal dessiné dans l’alignement de l’axe du parc (N.S.). Le carrefour de ces deux allées était matérialisé par un rond-point cantonné par les quatre fontaines encore en place aujourd’hui. Celles-ci ne jouant plus à présent leur rôle de carrefour, se trouvant placées de manière anachronique au milieu du grand parterre actuel.
La troisième allée, perpendiculaire à l’axe de la composition aboutit à un bassin octogonal aujourd’hui à sec, qui comporte en son centre un socle de brique de forme ovale, autrefois décoré de la statue en terre cuite d’une divinité marine.
Au-delà de ce bassin, un passage central toujours dégagé conduit jusqu’aux limites de la propriété. Il desservait, selon le plan du début du 19ème siècle, deux espaces distincts : le Labyrinthe de Buis et le Bois des Essences. Seules les limites parcellaires actuelles conservent la mémoire de ces aménagements aujourd’hui disparus.

La tradition familiale s’est toujours attachée à maintenir un verger et un potager de part et d’autre de cette composition. Ils en étaient séparés par une allée latérale bordée de buis, dont il subsiste quelques traces aujourd’hui côté nord contre la  » serre  » et une allée intacte côté sud, le long du verger. L’ancien puits en pierre visible sur le plan existe toujours, masqué par un bâtiment à deux absides utilisé comme séchoir. Le puits desservait le verger.
Le parc, de 50 ha environ, répond toujours au plan d’origine, confirmé par le document début du 19 ème siècle. Il est séparé du jardin par un muret percé de trois portails à piliers. Les piliers du portail central sont ornés de lions. Ceux des portails latéraux sont construits en biseau pour s’aligner sur la perspective des allées biaises.
La première partie du parc répond à un plan en étoile à partir d’un rond point central d’où rayonnent huit allées, l’ensemble s’inscrivant dans un carré. L’allée principale issue du jardin se prolonge vers le nord jusqu’à un rond point terminal en bordure du ruisseau : le Rieutort. C’est la seule allée bordée de buis. Les bosquets sont plantés de chênes (7 variétés). Des charmilles encore en place à la fin du 19 ème siècle ont disparu.


Le château de Larra est une maison de plaisance conçue pour être habitée l’été. Le plan est réalisé par Guillaume CAMMAS, architecte de la façade du capitole, sur l’exemple des villas italiennes à plan massé et symétrique. Le gros œuvre est établi de 1743 à 1746 sur l’emplacement d’une maison de style Louis XIII, détruite pour construire le château de Larra. La demeure est réalisée pour le compte de Jean-François TOURNIER de VAILLAC (1690-1748), président d’une chambre du parlement de Toulouse en 1721.

Jean-François de TOURNIER fils et petit fils de conseillers au parlement de Toulouse possédait déjà le domaine de LARRA (environ 200 hectares) mais il est difficile d’en déterminer la date d’acquisition d’une part, parce que tous les documents existant n’ont pas été dépouillés, d’autre part parce que ce fonds a été dispersé, certains même perdus ou brûlés en 1793. LARRA est donc d’autant plus difficile a cerner que les documents le concernant sont mélangés aux autres et que le terroir de LARRA étant inclus dans la communauté de GRENADE, la désignation des parcelles portée sur les anciens documents cadastraux n’est pas toujours précise. Ainsi, on trouve trace, sur le cadastre de 1642, de biens appartenant à Messire Bernard TOURNIER, conseiller du Roi et ancien officier du Parlement de TOULOUSE « au terroir de LARRA » : une maison, métairie, grange, étable, jardins de septante trois arpents. Les représentants successifs de cette famille occupèrent d’abord des postes de CAPITOULS de la ville de TOULOUSE puis des places de premier plan au Parlement de TOULOUSE Conseillers du Roy et payeurs des gages des officiers du Parlement pendant deux générations puis président à mortier. Cette charge fut assumée par celui qui peut apparaître comme le plus influent et le plus riche de la lignée : « Haut et puissant seigneur », Messire Jean-François de TOURNIER, Chevalier, Comte de VAILLAC, Baron de LAUNAC et de LOUBRESSAC, Vicomte de GIMOES, seigneur de MAUVAISIN, MEYRONNE et autres places, conseiller du Roy en ses conseils, Président à mortier en la souveraine cour du Parlement de TOULOUSE. C’est lui qui acquiert en 1734 la Baronnie de LAUNAC et les « terres de Caubiac, Garac, Pelleporcq et Galembrun ». Il épouse en 1730 Marie Eléonore de THEZAN de POUJOL, fille de Pons de THESAN, marquis de MONTAIGUT ( Sur Save) et leur contrat de mariage est signé dans le château de LARRA qu’il n’avait pas encore commencé de faire construire. Il décède en 1748 à TOULOUSE. On peut voir son portrait dans la salle à manger du château.

Son petit fils né en 1767, Raphaël, François, Auguste, Eléonore sera titulaire d’une charge de Conseiller au Parlement. Il résidera à PARIS à compter de Novembre 1791 et sera condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et exécuté à PARIS le 18 messidor an II (6 Juillet 1794 en même temps que cinquante quatre autres parlementaires toulousains, vingt jours avant la chute de Robespierre).

Portrait de Raphaël.
Le château sera ensuite transmis en 1875 par Bathilde, Marie, Pierre de TOURNIER (1806-1875) à sa nièce Marie, Justine, Louise d’ANTIN (1840-1925) épouse de Fernand, Louis de CARRIERE ancien zouave pontifical.
Pendant quatre générations et aujourd’hui encore, les de CARRIÈRE habitent ce château. Madame de CARRIÈRE éprouvait toujours une profonde satisfaction à présenter aux visiteurs ce chef d’œuvre presque intact du XVIIIème siècle.

Parmi les tableaux exposés dans les pièces du château on peut signaler aussi :
– celui de Pierre de TOURNIER (1651 -1742?) Conseiller clerc au parlement de TOULOUSE, Syndic et député Général du clergé de France pour la province d’AUCH en 1692, prieur et seigneur de Clairvaux, chanoine et chantre de l’église d’AVRILLAC, fondateur de l’œuvre du Bon Pasteur à TOULOUSE.
– celui de Raphaël, François, Auguste, Eléonore de TOURNIER (guillotiné).
– celui de Pons, marie, Claude de TOURNIER- SOUCIRAC, né en 1770, frère cadet de Raphaël, réputé « émigré » puis amnistié, qui habitera le château et mourra à Toulouse sans descendance chez son frère Charles, Louis en 1832.
– celui de Marie- Eléonore de THEZAN de POUJOL, fille de Pons de THEZAN, comte de POUJOL.
– celui de Claudine, Adélaïde de BOISSET (1746-1782) belle fille de Jean-François, mère de Raphaël, Pons-Marie-Claude et Charles-Louis.
– celui de Rosalie de BELLOC (1779-1836) épouse de Charles-Louis.
En 1748, à la mort de Jean-François, les travaux intérieurs de décoration n’ont pas encore commencé. C’est son fils aîné : Pons, Jean-François qui hérite des biens et commande la décoration de Larra entre 1748 et 1787.
En 1763, il décide d’orner I’escalier conduisant au premier étage, par une rampe en fer forgé, répondant ainsi à l’engouement qui s’est manifesté tout au long du XVIIIème siècle pour ce genre d’ouvrage.

Pour cela, il fit appel au maître serrurier toulousain le plus connu et le plus réputé de l’époque : Bernard ORTET.
C’est en effet ORTET qui avait exécuté les balcons du Capitole, les croix (alors en place) devant les églises de Saint-Pierre des Cuisines et de Saint-Quentin. C’est ce même artiste qui en 1764 exécuta le Portail du grand consistoire (aujourd’hui disparu) et qui en 1766 réalisa les magnifiques grilles du sanctuaire de la cathédrale Saint-Etienne, à Toulouse. Ces grilles nous surprennent encore par leur taille mais aussi par la grâce et la variété des ornements en tôle estampée qui les décorent. Lors de la commande de la rampe de Larra, ORTET était le maître serrurier le plus prestigieux de la région. Les actuels propriétaires du château, possèdent le bail à besogne passé avec B. ORTET, daté du 5 février 1763 et signé par le maître serrurier, dans lequel il est stipulé  » Il a été convenu entre Monsieur de Tournier, Conte de Vaillac, et le sieur ORTET maître serrurier de cette ville, savoir que le dit ORTET s’oblige à faire une rampe en fer pour l’escalier du château de Larra…  » .
La baronne de Carrière possède aussi une facture datée de 1764, signée par ORTET, qui mentionne les frais de pose de la rampe. Il s’agit donc bien d’une réalisation du grand maître serrurier toulousain. La rampe borde un escalier de pierre à trois volées obliques et deux paliers de repos, qui conduit au premier étage. Elle se prolonge en bordure de I’immense palier du premier étage. Elle est composée de plusieurs panneaux rampants de même dessin et sur le palier, de panneaux dont les motifs sont différents. Les panneaux obliques sont occupés en leur centre par une palmette à trois lobes incurvés, dont la courbure varie de telle sorte que cette palmette asymétrique puisse s’inscrire dans un ovale. Au sommet de ce motif, un fleuron asymétrique fixe l’ensemble, tandis que des feuilles d’acanthe, petites et grandes, complètent le décor de la partie inférieure. Des arabesques en accolade, en  » C  » et en  » S  » assurent le remplissage.

De part et d’autre de ce motif se trouvent d’autres palmettes asymétriques. Elles sont composées par des épingles incurvées et des crosses. Une coquille rocaille en tôle, fixée sur une anse de panier, sert de base à ce décor. Ces panneaux rampants sont d’un grand intérêt si l’on considère l’ œuvre de Bernard Ortet. En effet, ce maître a exécuté en 1772 une rampe pour une maison sise rue du Barry-Neuf, à Lombez. Or, celle-ci montre au motif central des panneaux rampants semblables à ceux qui ornent la rampe du château de Larra. Cependant, les motifs de remplissage, de part et d’autre de la palmette, sont différents. Il en est de même pour les panneaux de débillardage. Ces similitudes intéressantes n’entament donc en aucune façon l’originalité de chacun de ces ouvrages. L’amortissement de la rampe est en forme de console inversée. Le centre d’une spirale à trois brins se partage en un pistil à graines, une feuille d’acanthe et le châssis. Il est orné par une rosace en tôle. On trouve des amortissements identiques dans le chœur de la cathédrale Saint-Étienne, à l’hôtel de Nupces et à l’hôtel de Puivert, ce, à Toulouse.


Sur le palier les motifs changent. Le panneau central présente un magnifique culot en tôle, très fortement découpé, dont les feuilles s’élèvent en se courbant. Cet ornement aux découpures élaborées est inscrit dans un médaillon tréflé dont les châssis doubles sont reliés par des fers en anse de panier tournés vers le bas. Ce motif central se trouve aussi à l’hôtel de Nupces, où la tôle formant le fleuron est moins fortement découpée. De part et d’autre, des arabesques assurent le remplissage. Certaines sont reliées par des  » haricots « . Les panneaux latéraux sont décorés d’une grande palmette formée d’épingles en éventail, doublées de crosses se faisant face. La base est ornée d’une étroite « coquille rocaille » en tôle estampée, identique à celles qui ornent la base des palmettes latérales des panneaux obliques. Des arabesques lient les différents éléments. Les pilastres présentent des fers en « S » et « C » ou accolade, placés sur un socle. Ils sont ornés par un fleuron, une petite coquille en tôle. Des pilastres semblables se retrouvent sur la rampe qui borde le palier, à l’hôtel de Nupces.
La rampe du château de Larra constitue un très bel exemple de style Louis XV, privilégiant les dessins linéaire plutôt que les ornements en tôle estampée. L’ensemble donne une impression de grâce et de fluidité.
Cette rampe représente un excellent exemple du style B. ORTET, ce avant 1770. En effet, à partir de cette date, plupart des œuvres du maître seront influencées par les tendances du style dit Louis XVI.
La rampe seule justifierait une visite du château, l’architecture et les éléments de la décoration apportent des motivations supplémentaires.


Ce qui frappe surtout à Larra, c’est l’aspect du bâtiment. Carré, il se compose de quatre façades identiques surmontées d’un belvédère. Celui-ci, bien que défiguré par des travaux contemporains, reste néanmoins un élément d’origine. Toutes les façades s’organisent autour d’un avant-corps central peu saillant surmonté d’un fronton. L’avant-corps, de même que les angles des façades, est marqué par des chaînages formés de briques placées alternativement en saillie et en retrait de manière à imiter les chaînages de pierre en carreaux et boutisses. Les avant-corps comptent six baies en arc plein cintre ( trois portes-fenêtres au rez-de-chaussée et trois fenêtres au premier étage), alors que de chaque côté se trouvent six fenêtres en anse de panier. Les façades ne comportent aucune décoration. Elles peuvent être rattachées au Style Louis XV qui se caractérise en architecture par une absence d’ordres monumentaux, une très grande sobriété dans la décoration, et des avant-corps peu saillants ou de formes rondes ou polygonales.

De par ses proportions (les façades font seulement 25 mètres de côté), le terme de château parait usurpé pour Larra. On doit plutôt rattacher ce bâtiment à la mode des villas de plaisance qui sévit durant tout le XVIIIème. Ces maisons de plaisance sont en général de dimensions assez modestes et sont construites à la périphérie des grande villes de manière à pouvoir y faire de fréquents et courts séjours. Elles ont en général été commandées par des financiers ou par des parlementaires du XVIIIème siècle (on en trouve un certain nombre autour de Montpellier ou de Bordeaux par exemple).
Du fait de la forme même du bâtiment , le plan adopté à l’intérieur est le plan massé. L’architecte a ménagé neuf carrés intérieurs d’égale grandeur en faisant se croiser les quatre murs de refend. La cage d’escalier est située au centre de cette composition .Le plan du rez-de-chaussée est repris au premier étage. Ce plan simple permet de ménager un grand nombre d’axes de communication sans avoir recours aux pièces en enfilade comme au XVIIème siècle.
Les pièces de réception s’ouvrent toutes par trois baies dans les avant-corps des façades. Le vestibule s’ouvre au rez-de-chaussée dans l’avant-corps sud vers la cour d’arrivée. Immédiatement au dessus de lui se trouve le petit salon. La salle à manger est ouverte au rez-de-chaussée sur la cour des communs à l’ouest. Quant au grand salon du rez-de-chaussée, il s’ouvre à l’est sur le jardin. Au dessus de lui se trouve la bibliothèque qui regarde aussi à l’est.
C’est dans les pièces d’angle du château que se regroupent les différentes chambres. Celles-ci ont toutes conservées leur disposition d’origine qui en font de véritables petits appartements. Elles sont toutes composées d’une chambre principale, d’une pièce secondaire, d’un cabinet de toilette surmonté d’un entresol. Cette disposition reflète la théorie architecturale du XVIIIème où pour la première fois les architectes se soucièrent des questions de confort et d’hygiène.
Beauté des façades, ingéniosité du plan, le château de Larra frappe aussi par son décor intérieur puisque les pièces principales ont conservé leur caractère décoratif d’origine.

Le stuc est omniprésent. De style Louis XV, il règne dans toutes les pièces, se combinant avec des cheminées ou des fontaines en marbre de même style. Les fontaines intérieures, au nombre de deux dans la salle à manger, sont disposées dans des niches sur le mur sud, en face d’une cheminée de marbre rouge et noir de Caunes. La niche est décorée d’une coquille renversée en stuc et des moulures sculptées en méplat bordent les contours en marbre de la cuvette. Enfin,la tête humaine déversant l’eau représente une divinité marine.
Les stucs sont peints de couleurs vives qui rehaussent leur dessin vif et gracieux. Tout en courbes et contre courbes, il s’y développe un programme décoratif de genre rocaille avec réseau de feuilles d’acanthe, de coquilles et de guirlandes de fleurs. Réalisés entre 1754 et 1756, ils sont l’œuvre de Jean LOUBEAU, un sculpteur toulousain du XVIIIème siècle.
Le grand salon du rez-de-chaussée est surtout intéressant pour les toiles ornant ses murs. Elles se composent de cinq dessus de porte et de deux grandes toiles peintes. L’artiste est inconnu mais les thèmes dont il s’est inspiré sont le reflet de l’art français. Les dessus de porte sont inspirés ou copiés sur des œuvres de François Boucher : les amours pastorales, le sommeil interrompu, le pasteur galant, la toilette pastorale. Les deux grandes toiles peintes occupent l’espace sur les murs sud et ouest de la pièce. La première représente une partie de colin-maillard copiée sur 1’œuvre du même nom de Nicolas Lancret (élève de WATTEAU). La deuxième, copie pour sa part, une toile disparue de Watteau intitulée : la musette. Toutes ces toiles, malgré leur date tardive d’exécution, présentent les caractères iconographiques de la peinture française de la première moitié du XVIIIème siècle : scènes galantes et thème de la fête galante chère à l’esprit Louis XV.

Les abords du château ont par contre été assez modifiés. Il ne reste rien du jardin et du parc à la française d’origine. On peut juste admirer quatre fontaines octogonales surmontées de motifs en terre cuite représentant des divinités marines ou des corbeilles de fruits. Dans la cour d’arrivée, le grand bâtiment situé à gauche est l’ancienne orangerie transformée par la suite en chapelle. On distingue encore quelques traces de décorations peintes sur sa façade: elles représentent un grand ordre de pilastres doriques reliés entre eux par des guirlandes.
Quant aux communs, ils ont été entièrement défigurés par des bâtiments agricoles contemporains. On peut néanmoins encore admirer un beau pigeonnier octogonal en brique assez typique de la région toulousaine.


L’intérêt du château de Larra réside donc dans son unité de style à la fois décorative et architecturale. Son étude ou sa visite permettent d’avoir une vision assez complète de l’activité artistique dans la région toulousaine au XVIIIème siècle.

Extraits de  « Larra, un terroir en vallée de Save »

Michel Hastenteufel

 

 

 

Écoles de Larra

Depuis la fondation de l’Abbaye de Grand-Selve en 1114, puis la création de la bastide de Grenade-sur-Garonne en 1290, l’ensemble de notre territoire aura été rapidement sous l’influence des moines.
En effet, ceux-ci bénéficièrent de nombreuses donations territoriales de la part des propriétaires d’alors en échange de « protection spirituelle » ou parfois même contre l’apprentissage d’un métier tel ce Jean Guillelma qui en 1165 donne ses terres de Vieilles-Aygues (Grenade-sur-Garonne) en échange d’une formation de cordonnier.
Pour exploiter et à la fois défendre ce vaste territoire acquis, les moines outre la construction de la bastide de Grenade-sur-Garonne, vont installer de nombreuses « granges« . Avec eux, ces moines apportèrent une certaine érudition qui permit de transmettre de génération en génération diverses connaissances : techniques architecturales, techniques d’élevage, de cultures et de transformation de produits.
Il ne manquèrent pas de prodiguer, outre l’enseignement religieux, une culture générale dont bénéficièrent certainement les populations locales. Cependant, les premières véritables écoles de Grenade-sur-Garonne connues grâce à des documents, ont existé en 1586. Deux écoles, primaire et secondaire, dispensaient un enseignement grâce à des « régents » ou « Mestres écrivains » à ceux qui avaient la chance de pouvoir payer leurs études. Les anciens registres de la ville montrent que ces écoles connaîtront de grandes difficultés pour exister et fonctionner correctement faute de moyens financiers.
Vers la fin du 19ème siècle, selon les convictions ou les moyens de leurs parents, les enfants iront dans les écoles « publiques » qui en 1881 par décret deviendront enfin « entièrement gratuites », puis en 1882 seront « obligatoires » et enfin « laïques », grâce aux lois de Jules Ferry, ou bien suivront leur scolarité dans diverses écoles « privées » ou « congréganistes » dans lesquelles, l’enseignement est dispensé par des religieux.
A Larra, la première école de la section sera créée dès 1839.
Il s’agissait d’une école « publique » dont les cours auront lieu dans des maisons particulières louées à cet effet. Ainsi, vers 1860, Raymond « Toussaint » Fayet, allait à l’école à la maison Fédélé d’Emmenot (près du lavoir), et celle qui allait devenir sa femme allait à l’école dans une maison du hameau de Ricancelle.
Leur fille, plus tard, ira à la nouvelle école « Laïque » qui sera construite en 1880 à Emmenot et qui à l’heure actuelle fait usage de Salle pour les associations. Cette école avec une seule salle de classe et logement pour l’instituteur sera utilisée jusqu’en 1956.
En 1872, avant la construction de celle-ci alors que l’on louait des maisons particulières, la municipalité de Grenade-sur-Garonne équipa cette classe provisoire et meubla le logement de l’instituteur. Ainsi, l’école « mixte » et publique de la section de Larra bénéficie du soutien unanime du Conseil.
On accorde même la gratuité à une vingtaine d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens de payer. En 1874, la maison Lacroix qui sert d’école est en vente et le Conseil décide de prendre des mesures pour l’acheter. Cependant certains d’entre eux ayant émis l’idée de construire un bâtiment qui comprendrait l’école et le logement de l’instituteur, on désigna une commission pour étudier la meilleure solution.
Le 13 Septembre 1874 la commission rend son rapport « il n’existe à Larra aucune maison à vendre ! Une seule était à louer, la maison Baron mais les locaux sont trop exigus et les exigences du propriétaire trop exagérées. En conséquence, on propose la construction d’une maison d’école sur le terrain vague qui se trouve en face de l’église et qui est communal ».
Ces conclusions seront adoptées par une majorité des membres du Conseil, mais des objections apparaissaient. En effet, on apprit que Mademoiselle Bathilde de Vaillac résidant au château de Larra allait ouvrir une école congréganiste pour les filles dès la fin de 1874 et que les élèves bénéficieraient de l’enseignement gratuit.
D’autre part, elle aurait pour projet d’ouvrir une autre école congréganiste pour les garçons. Dans ces conditions, certains s’interrogeaient sur l’utilité de construire l’école communale.
En 1875, les filles de la section étaient scolarisées dans l’école congréganiste faisant par le fait perdre la « mixité » de l’école publique.
La majorité du Conseil ayant opté pour la construction, on avait obtenu les plans, devis, état estimatif et cahier des charges dressé par M. Raynaud architecte de Toulouse qui prévoyait une dépense de 9 687,16 francs.
La construction fut décidée pour Mars 1875. Dès que les affiches pour l’adjudication des travaux furent apposées, Mademoiselle de Vaillac réagit promptement afin d’empêcher cette réalisation. Par un courrier adressé au Maire, elle assure qu’elle va fonder une école libre et gratuite pour les garçons sans demander aucune subvention de la commune.
D’autre part elle possède un droit-indivis sur le patus où l’on a bâti l’église et où l’on projette de construire l’école communale et usera de tous ses droits légaux pour s’opposer à la construction ! Le Maire Auguste Barcouda, avait cependant pris la précaution de demander à l’inspecteur de l’administration supérieure de l’instruction publique s’il était possible de substituer des instituteurs congréganistes aux instituteurs laïques déjà en fonction.
Un décret ministériel sera cité, stipulant que cela était impossible.
L’instituteur laïque nommé à Larra ne pouvait être déplacé et on lui devait des locaux pour loger et enseigner !
Le Conseil confirma donc son intention de construire l’école. Mademoiselle de Vaillac réagira aussitôt en proposant d’acheter une maison à Beillard pour ouvrir son école libre et gratuite pour tous les garçons et qu’elle s’engageait à payer à perpétuité l’entretien des locaux et le salaire des instituteurs.
D’autre part, par acte notarié elle fait don de cette école au Conseil de Fabrique de Larra.
Face à tant d’insistance, M. le Maire consultera le Préfet qui proposera une solution légale consistant à accepter les dispositions de Mademoiselle de Vaillac à condition que les enseignants congréganistes soient agréés par le ministère de l’instruction publique.
Tout le monde se réjouit de cette possibilité et il fut aussitôt décidé d’abandonner le projet de construction de l’école laïque à Larra.
L’école congréganiste pour les garçons ouvrit ses portes en 1877 mais suite au décès de Mademoiselle de Vaillac on s’aperçut qu’elle n’avait pas eu le temps d’obtenir l’approbation du Préfet pour sa donation de son vivant et que l’acte était caduc, dépendant du bon vouloir des héritiers.
On continuera tout de même à maintenir l’instituteur laïque en louant une maison pour qu’il loge et enseigne.
En 1879, on s’aperçut que 26 élèves avaient choisi l’école laïque contre 4 pour l’école congréganiste !
On prit acte de la sympathie des parents pour l’enseignement laïque et M. Esquerré conseiller municipal relança l’idée de construire l’école laïque « d’autant plus que le gouvernement Français a l’intention de rendre l’école obligatoire et qu’il ne manquera pas d’attribuer de fortes subventions pour les constructions qui s’imposeraient ».
Au mois de mai, le Maire se rend en personne à Larra et constate :

– La présence assidue de trente élèves à l’école laïque tandis que celle des frères n’en compte que quatre appartenant à la commune.
– Que la salle de l’école laïque est un véritable « taudis » et que le logement de l’instituteur test insuffisant et que l’un et l’autre contrastent avec l’établissement grandiose des frères.
– Que M. Lamarque ne peut plus fournir le logement de l’instituteur et que les maisons disponibles seraient trop chères nécessitant de gros travaux de réparations. Dans un pareil état de choses, comme notre devoir est de donner satisfaction aux désirs légitimes des pères de familles de la section de Larra, aux préférences hautement exprimées par eux en faveur de l’enseignement laïque, nous estimons qu’il y a lieu de voter la construction d’une maison d’école à Larra.

Tout le dossier est prêt, il suffira d’obtenir l’autorisation préfectorale en vue de l’adjudication des travaux ».
Enfin l’école laïque de Larra sera bâtie et achevée en novembre 1880 après six années d’hésitations qui connurent les grandes réformes de l’instruction : l’école publique gratuite, obligatoire et laïque.
Mais même construite, son statut d’école laïque sera contesté par le curé Lambic nouvellement nommé et il faudra une mobilisation énergique de la population, des enseignants et de la municipalité pour la défendre !

C’est à ce moment que M. Abadie l’instituteur nous fait la description de l’école de Larra en 1885.
« Placée en face de l’église sur la rue principale et le chemin de Thil, elle ne saurait être mieux placée. Le soleil levant lui donne ses premiers rayons. Le logement des instituteurs composé de cinq appartements, d’une petite cave et d’un galetas, n’est pas moins bien conditionné.
Une petite cour où sont les lieux d’aisance et un jardin contigu à la maison d’école, viennent combler l’agrément de celle-ci.
Les besoins sont généralement satisfaits dans une bonne mesure car la sympathie de la municipalité de Grenade-sur-Garonne est acquise à cette école publique. L’école, privée de préau couvert, devra en avoir un, pourvu de quelques agrès de gymnastique où les enfants pourraient facilement développer leur corps. L’école est généralement bien fréquentée.
Du reste, la population intelligente y trouve plus de ressources qu’ailleurs, et les parents, qu’une dure pression ne contraint pas à envoyer leurs enfants à l’école libre, sont, bien sûr, très satisfaits des avantages que leur offre l’école publique ! La bibliothèque fondée en 1883, due aux soins et à la générosité de M. le Ministre compte 23 volumes. Ces livres, pour la plupart très intéressants, occupent tellement l’esprit de la population, que l’on est fort heureux de pouvoir les lire.
Mais, certains rayons restés vides, devraient se remplir le plus tôt possible et procurer ainsi les moyens d’instruction à ces personnes qui ne demandent qu’une chose : « s’instruire tout en se récréant ». On dirait qu’elles regrettent de ne pas être allées à cette école où on leur donnait la nourriture de l’esprit, de l’âme ! Il serait à désirer que la commune s’imposât quelques sacrifices pour la construction d’un préau couvert et l’achat de quelques volumes pour la bibliothèque scolaire sachons attendre, et tout se réalisera ! « .
On se souvient que la première cantine rudimentaire de cette école sera installée dans la maison Gilard (à côté de l’église) et c’est là que l’on réchauffait le repas des écoliers. Le 5 Août 1883, on creusera le puits de l’école qui sera équipé d’une pompe le 25 Mai 1884.
Cette année là, on fera l’acquisition de soixante « fusils scolaires » pour compléter l’instruction militaire des enfants de Grenade-sur-Garonne, Larra et SaintCaprais. Le mur qui entoure le jardin de l’école sera bâti en 1889.

Les écoles congréganistes de Larra

C’est la famille Tournier Vaillac qui prendra l’initiative de mettre en place deux écoles congréganistes à Larra.
La première, à destination des filles sera installée à Emmenot non loin de l’église.
On fera l’acquisition de l’ancienne maison de Jean Loubon. Elle sera démolie pour construire une superbe bâtisse dans laquelle on logera les sœurs de « la croix » de Colomiers.
Ce sont elles qui prendront en charge l’enseignement des jeunes filles de Larra.
« L’école primaire privée de filles », ouvrira ses portes le 29 Décembre 1874.
Les religieuses étaient au nombre de trois. La première faisait la cuisine et on se souvient qu’elles mangeaient sans luxe car leur soupe n’était pas « graisseuse » ! Cette anecdote est restée dans les mémoires.
Les deux autres s’occupaient de l’enseignement. Il y avait deux classes tenues par Jeanne Carassus (sœur Marie Silicie) et Eugénie Salis (sœur Marie Ysénie). Une classe pour les plus petites élèves et la classe des plus grandes tenue par la sœur la plus instruite.
Elles étaient rétribuées par le château qui leur versait un traitement de 105 francs par semestre.
Elles avaient obtenu de la paroisse l’entretien des linges de l’église (nappes d’autel, etc …), une tâche qui leur permettait d’obtenir une petite rétribution du Conseil de Fabrique.
Elles avaient également pour tâche de s’occuper des malades de la paroisse. Tous les ans, elles allaient faire une journée de « retraite » à Colomiers et on les revoit, car le souvenir est resté, sur leur « carriole » allant au trot de leur vieux cheval. Une des soeurs était originaire de Pau et souvent on l’entendait dans tout le hameau chanter en patois « beau ciel de Pau ! »
Ces religieuses exercèrent leurs œuvres durant une trentaine d’années à la satisfaction de tous jusqu’au moment des décrets de 1903.
Au mois d’Octobre de cette année, la directrice et une de ses compagnes firent le nécessaire pour se conformer aux décrets et y continuèrent leurs œuvres.
Mais, quelques années plus tard, cette directrice tomba malade.
N’ayant personne pour la remplacer, les responsables de la congrégation abandonnèrent les postes.
La famille Tournier reprit la maison et l’héritier de Mademoiselle de Vaillac la vendit.
La deuxième école à l’usage des garçons, sera installée en 1875 au hameau de Beillard, dans une maison acquise au Sieur Claverie par Mademoiselle Bathilde Tournier de Vaillac.
Nous avons examiné précédemment au sujet de l’école publique et laïque, les circonstances et les enjeux qui ont abouti à l’installation de cette deuxième école congréganiste.
Nous rappellerons seulement que Mademoiselle Bathilde fera donation de l’école à la paroisse par acte notarié en date de 17 Mai 1875 et qu’elle s’engagera à rétribuer les frères Saint-Jean Baptiste de la Salle qui y donneront l’instruction.
Le Conseil de Fabrique de la paroisse acceptera et l’école ouvrira ses portes en début d’année scolaire 1875-1876.
On a conservé la mémoire de ces frères qui étaient trois.
Deux d’entre eux s’occupaient de l’enseignement, mais le plus connu fut le troisième qui était cuisinier.
En effet, il passait souvent chez certains habitants pour le ravitaillement achetant du beurre, du lait, etc…
Un de ces trois frères se distingua particulièrement par son talent de peintre. II était même réputé et on conserve de lui, un superbe portrait de Pie IX qui orne la sacristie.Ce tableau porte la signature de « Frère Labérius » Rome 1870.
Malgré tout, la présence de trois écoles publique et congréganiste n’était pas sans contraintes et témoigne d’une époque troublée. Dans cette paroisse de 480 habitants, les parents devaient choisir pour leurs enfants telle école plutôt qu’une autre. Un choix imposé par leur situation professionnelle, ou leurs relations envers le château ou les riches propriétaires qui ne manquaient pas de faire pression pour imposer leurs préférences.
Mais comme nous l’avons vu, de 1881 à 1882, paraissaient les lois de Jules Ferry qui instituaient progressivement les écoles gratuites, obligatoires et enfin laïques.
Ensuite, les décrets successifs de 1905 qui réalisaient la séparation de l’église et de l’État notamment en matière d’enseignement. Tout ceci provoquera la fermeture définitive des écoles congréganistes de Larra.
Nées de la détermination de Mademoiselle Bathilde Tournier de Vaillac, une femme qui possédait une personnalité très forte, les deux écoles ne devront peut-être en réalité leur fermeture que suite au décès de celle-ci.
On peut penser en effet que celle-ci n’aurait pas accepté de voir disparaître ces établissements pour lesquels elle avait tant donné de forces et de convictions ! Avec sa salle de classe unique, seule subsistera alors, durant une cinquantaine d’années encore, la petite école publique et laïque.
En effet, elle fermera ses portes à son tour après 1955, suite à la création de la commune de Larra.
A cette époque sa classe unique ne répondait plus aux besoins des Larrassiens car il avait fallu ouvrir une classe supplémentaire qui sera installée provisoirement dans l’ancienne école congréganiste d’Emmenot (actuel logis de la famille Sirven).
Un projet de groupe scolaire moderne verra le jour et cette nouvelle école à deux classes et deux appartements pour les enseignants ouvrira ses portes pour l’année scolaire 1957/1958.
Ainsi l’ancienne école deviendra la Mairie du village. Le groupe scolaire sera inauguré le dimanche 2 Septembre 1957 et les premiers enseignants en seront Mme et M. Solères.
Ceux-ci enseigneront à Larra jusqu’en 1960 en assurant à eux deux les sections enfantine, cours préparatoire, et cours élémentaire 1ère année pour Mme Solères et les cours moyen lère année, 2ème année et fin d’études lère et 2ème pour Jean-Marie Solères.
Des classes à multiples niveaux et qui sont le parfait reflet de ces petites écoles de campagne d’alors…

Croix de Rogation de Larra

Je me souviens de cette cérémonie traditionnelle qui durait pendant les trois jours qui précédaient l'Ascension...

Claire LAPLAGNE, née en 1907 raconte:
« Je me souviens de cette cérémonie traditionnelle qui durait pendant les trois jours qui précédaient l’Ascension. Les paroissiens se réunissaient vers 7 heures du matin à l’église pour la messe, puis nous partions en procession pour aller bénir les croix qui étaient disposées au bord des chemins dans diverses propriétés. Le but était d’attirer la bénédiction divine sur le bétail, les récoltes et les travaux des champs. Il y avait trois circuits établis par le curé Authier en 1894 :
1er jour : Spécatoris / Embernay / Bordevieille / Avocat / Bramaïre et château de Larra.
2ème jour : Birodasé / Picalou / Cantegril / La Côte / La Pétingue / La croix du mort / Le Caussaté / Toumebelle / Ricancelle.
3ème jour : Beillard / Landéry / Couloumès / Duffaux / L’Embécade / Trillat / Saint-Séverin / Roquefort.
Bien sûr étant donné les distances à parcourir, on passait par des raccourcis à travers champs, au long de sentiers et des chemins de terre. La matinée suffisait pour effectuer chaque circuit… »

Fournières de Larra

La fournière du Cantou

Dès le 16ème siècle, chaque hameau de Larra, devait posséder sa propre « fournière« , c’est à dire un four commun qui servait à la cuisson du pain. A l’époque et jusqu’à la révolution de 1789, ces fours appartenaient au seigneur ou aux Abbés de l’Abbaye de Grand-Selve et, au titre de la « taille » (sorte d’impôt), quiconque faisait cuire son pain, devait fournir la vingtième partie au propriétaire…
Ces fours ont été utilisés jusqu’à la fin du 19ème siècle, époque à laquelle beaucoup furent démolis… A Larra, quelques uns sont encore existants bien qu’abandonnés. Celui du Cantou, résiste aux intempéries transformé en croix de rogations… Celui d’Emmenot a été démoli vers 1930 après avoir longtemps servi d’abri pour les vagabonds… (Il se situait à côté du lavoir). Celui d’Encoste fut démoli en 1990 pour faire une place publique, et enfin, celui du Bramaïre, bien qu’en ruines, existe encore…
Après la révolution, la plupart des métairies possèderont leur propre fournière… A Cornac, nous savons qu’elle fut démolie vers 1980. Malheureusement, toutes les autres, inutiles, ont disparues, et, fort curieusement, aujourd’hui, Mr Olivier RENAUT, boulanger à Larra depuis 1997, ambitionne de construire prochainement une fournière moderne fonctionnant au feu de bois pour améliorer la qualité de son pain !

La Fournière d’Encoste avant sa disparition… (1990)

La fournière du Bramaïre est encore visible malgré son abandon…

Calvaire de Larra

Le « Calvaire » de Larra était un superbe monument, qui avait été bâti par les Larrassiens en 1866, afin de commémorer le souvenir d’une mission prêchée par le très populaire père « Marie-Antoine » que l’on surnommait à l’époque « le saint de Toulouse » !
Cette croix de mission, dressée sur un socle octogonal bâti en briques, surmonté d’une pierre en calcaire coquiller, était construite sur une estrade carrelée supportant jadis deux statues, dont la vierge Marie et Saint Antoine de Padoue.
On y accédait par plusieurs marches et l’ensemble était entouré d’un élégant et puissant mur de galets ceinturé de briques. La face avant du monument comportait une grille forgée tenue par deux piliers de briques ouvragés et une porte centrale à deux battants également en fer forgé. la clôture sera achevée en 1877.
Le tout était orné de plantations (cyprès, buis, lilas et rosiers). Des rosiers qui étaient entretenus avec grand soin par les paroissiens et qui étaient réputés pour le parfum agréable qu’ils répandaient généreusement à l’entrée du village.
Ce monument était d’une rare beauté et sa présence rassurait les Larrassiens qui dans les moments difficiles chantaient :

« Ah, qu’il est coquet mon village !
Avec son château, son zéphir…
Et ses beaux rosiers, dont l’ombrage
garde la croix du souvenir… »
Le Calvaire de Larra avant sa démolition… En arrière plan, le « relais Saint Hubert » local de ralliement des chasseurs de Larra…

Presbytère de Larra

Une superbe bâtisse de Larra construite en 1851 par Bathilde Tournier de Vaillac...

Cette maison à haut et bas étage avec jardin, cour, terre, écuries et remises située à Emmenot à côté de l’église de Larra a été construite sur un terrain acquis à Marseillac et Fériol, le 22 Novembre 1837 par Madame Bathilde Tournier de Vaillac et de Soucirac.
Après avoir fait dresser un plan de la construction par M. Claverie (Géomètre-arpenteur) en 1838. Elle fit bâtir le presbytère et elle le donna à la « Fabrique » de Larra suivant un acte dressé le 25 Août 1851.
L’ensemble de la bâtisse avait été attribué à l’Hospice de Grenade-sur-Garonne par décret du 7 Juin 1910 suite à la loi du 13 Avril 1908.
Enfin, ce presbytère sera revendu de gré à gré à la Commune de Larra par l’hospice de Grenade-sur-Garonne par délibération de la commission administrative du 28 Mars 1962 selon estimation des domaines. Les anciens Larrassiens se souvenaient que c’est dans cette bâtisse que se faisaient les repas de clôture après les traditionnelles fêtes religieuses en l’honneur de Saint-Séverin, ou bien après les cérémonies de bénédiction du bétail, les processions des rogations et même la fête des moissons. Durant la guerre de 1939/45, c’est là que se tenaient les permanences pour la délivrance des tickets de rationnement… Après l’acquisition du presbytère par la commune en 1962, deux appartements furent aménagés. Les derniers locataires quitteront les logements en 1982 et dès lors les locaux du corps principal seront attribués aux associations larrassiennes : le club du troisième âge et la bibliothèque. L’aile droite étant occupée depuis 1985 par le foyer rural, tandis que depuis 1990, l’aile gauche abrite les ateliers communaux. Le jardin étant devenu le terrain de pétanque… Le bâtiment est d’une construction remarquable : les murs de façade sont réalisés en rangées alternées de briques traditionnelles et de galets de Garonne soigneusement appareillés. Bien que certaines fenêtres de la façade principale aient été abîmées lors de l’aménagement des appartements, les ouvertures sont toutes d’une facture remarquable. Le presbytère est certainement un fleuron de l’architecture du début du dix-neuvième siècle dans le midi toulousain !

En 2003, le presbytère fut entièrement restauré afin d’y installer la Mairie de Larra. La façade retrouve enfin son aspect originel.