2006 Avril Compte rendu

Autopsie du climat
(Bénédicte LUDOSAN)


Rémi André, météorologiste prévisionniste et Olivier Cébé, historien des civilisations et des cultures ont entamé un cycle de conférences destinées à informer la population sur les conséquences du réchauffement climatique. L’heure n’est pas au catastrophisme, mais à la prise de conscience.
La température globale de la planète a augmenté de 0,7 °C en un siècle. « Le problème, explique Rémi André, est que le phénomène s ‘auto-alimente et que la température doit encore augmenter dans les mêmes proportions au cours des 100 prochaines années. » L’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a d’ors et déjà créé un phénomène climatique irréversible.
L’inertie des océans, c’est-à-dire la chaleur accumulée par rapport à la masse fait qu’il faudrait plusieurs siècles pour les refroidir, dans l’hypothèse où, bien sûr, l’humanité cesserait de produire ces gaz à effet de serre.
« Les populations seront amenées d’ici quelques dizaines d’années à s’adapter à des conditions radicalement différentes. De plus, l’augmentation du niveau des océans entraînera des mouvements de population jamais observés dans l’histoire de l’humanité, il faut s’y préparer, martèle Rémi André, il est aussi indispensable de mettre en place les moyens de lutter contre les gaz à effet de serre et donc de prévoir les installations destinées à utiliser les énergies renouvelables. Ceci est possible à l’échelle individuelle mais aussi au niveau des collectivités ».
Les municipalités ont toutes en main l’agenda 21 qui devrait les obliger à une gestion environnementale du territoire. Mais dans les faits, rien n’est fait. Les énergies renouvelables sont sous-exploitées. A part des communes pilotes comme Montmélian en Savoie, l’environnement rentre très peu en compte dans les prises de décisions. « Ce n’est pas toujours facile, raconte Edmond Desclaux, maire de Mondon ville, on se heurte aux pouvoirs publics.
J’avais demandé pour l’école un système de récupération des eaux de pluies pour alimenter les toilettes, mais cela a été refusé par la DASS, que faire ? »
Ce qu’il y a à faire se situe en priorité à l’échelle individuelle.
On accuse bien souvent les usines de pollution sans prendre en compte le fait que nous consommons les produits de ces usines. Consommer intelligent, construire intelligent, choisir des élus qui prennent en compte l’intérêt des citoyens et non pas les intérêts des lobbies industriels et agir de manière responsable face à l’environnement, autant de choses auxquelles notre éducation ne nous a pas habitués mais qu’il est indispensable de faire si nous voulons laisser à nos enfants une planète où la survie reste possible.

Une technique révolutionnaire : la poterie sigillée.

(Michel HASTENTEUFEL)

Les prospections de surface à Larra nous ont livré quelques tessons de poterie assez remarquables. Ces fragments sont souvent difficiles à dater car, parfois issus de la période « Chasséenne » soit 2000 ans avant J.C., ou Gallo-romaine, ils peuvent avoir également une origine Moyenâgeuse ou contemporaine… Or, à défaut d’une analyse par « thermoluminescence » qui peut dater les terres cuites avec une précision de cinquante ans, le contexte du lieu de découverte suffit avec une certaine habitude à les classer assez facilement. En tout cas, il est une sorte de poteries qui ne souffre d’aucune contestation tant elle est caractéristique de son époque et de ses artisans, c’est la poterie dite « sigillée ».
En effet, un coup de génie des artisans potiers est d’avoir inventé un procédé de cuisson qui consistait à utiliser un four dont l’intérieur était chauffé grâce à des tubulures, donc par rayonnement, ce qui avait pour résultat de cuire la terre en atmosphère oxydante et, grâce à un engobe spécial, d’obtenir une couche de glacis de couleur rougeâtre très caractéristique, dont l’avantage primordial était de rendre la pièce étanche!
La céramique dite « sigillée » est appelée ainsi pour indiquer qu’elle porte généralement le nom, le sceau (sigillum) du potier qui l’a fabriquée.
Elle constitue souvent pour le chercheur un indice de la découverte de restes d’un habitat construit dans les deux premiers siècles de notre ère. Elle fût introduite en Gaule méridionale à la Graufesenque et à Montans par des potiers romains de la région d’ Arezzo en Toscane. Le succès de cette technologie fut tel que nos potiers produisirent leurs ustensiles à une échelle déjà quasi industrielle et qu’ils commercialiseront toute leur production dans l’ensemble de l’empire romain! Vaisselle de luxe, cette poterie « sigillée », était produite par moulage et cette technique permettait de réaliser de riches et originaux décors en relief.

Les « sigillées » découvertes à Larra n’ont pas encore révélé leur origine car aucun fragment ne comporte de signature. Cependant, tout espoir n’est pas encore perdu car leur nombre et leur diversité augmentent la probabilité d’aboutir prochainement…

L’Hospice Saint Jacques de Grenade.

(Michel HASTENTEUFEL)

Depuis maintenant un mois, les engins de démolition sont à l’œuvre et le séculaire Hospice de Grenade a entièrement disparu pour faire place à un futur ensemble résidentiel.
Seule subsiste désormais l’ancienne chapelle du 18ème siècle. Selon la municipalité, celle ci devrait être conservée, sous réserve que sa solidité soit assurée, car il est prévu d’en faire une salle publique de réunions. Sa désacralisation en tant qu’édifice religieux ayant été prononcée par les autorités du Diocèse.


L’hôtel-Dieu Saint-Jacques, de Grenade , construit en 1294, était desservi par les dames religieuses de l’ordre de Nevers. Deux vastes salles affectées, l’une au service des hommes, l’autre au service des femmes, étaient destinées à recevoir les malades infirmes de la commune. Une chapelle pour le service religieux est contiguë à l’hospice. Un aumônier était attaché à l’établissement.
Les malades et incurables indigents des communes, des cantons de Cadours, Grenade et Fronton , pouvaient être admis à l’hospice de Grenade, suivant un prix de journée fixé par le Préfet, d’accord avec la commission de l’hospice.


L’acte de fondation de la place au « dit Granade », sur laquelle a été bâti l’hôpital, est transcrit ci-après :
« Instrument par lequel le Sénéchal de Tholose, faisant pour le Roy de France, et l’abbé et scindic du dit monastère de Grand Selve auraient baillé à nouveau fief ou emphytéose aux consuls et communauté de ladite ville, toute la place qui estoit près la porte de Save de cette ville, pour y construire une maison Dieu ou hospital Sainct-Jacques à l’honneur de Dieu, Vierge Marie et de tous les Saincts…
Ensemble pour l’usage de ladite maison, deux arpents de terre plus ou moins joignant ladite place… à la charge que les ditz consuls et communauté ne pourront vendre ny aliéner ladite place de terre……..ainsi sera et demeurera acquise au dist hospital pour la commodité des pauvres…… dit acte passé à Granade, le samedy après la feste de sainct Jacques l’apostre 1294, retenu par Bernard Jamini, notaire du dit Granade.
II a été fait par les dits Consuls de la ville, du Roy et abbé de Grand Selve, et Basti L’an 1294. »
Il est amusant de constater, sur cet extrait d’acte, que ce bâtiment ne devait jamais être vendu par la communauté! Il est vrai que l’ensemble a été reconstruit en un autre lieu pour le confort des pensionnaires et des employés et on peut penser que les anciens signataires de 1294 comprendront ces bouleversements!
Au cours de ses 712 ans d’existence, cette bâtisse eut à subir bien des dommages… On se souvient des grandes inondations du 20 juin 1762. La Garonne et la Save provoquèrent de grands dégâts et le bâtiment de l’Hospice s’effondra en partie mettant les « pauvres » que l’on a pu sauver à grand peine à la rue!

A LARRA, nous savons que l’ancien Presbytère, notre actuelle Mairie, fut bâti par Madame d’Auderic de Soucirac qui le donna à la “Fabrique” de Larra suivant un acte dressé le 25 Août 1851. Plus tard, suite à la loi du 13 Avril 1908, l’ensemble de la bâtisse avait été attribué naturellement à l’Hospice de Grenade-sur-Garonne par décret du 7 Juin 1910. Enfin, après que le hameau de Larra devint commune, le 18 juin 1955, le presbytère sera revendu de gré à gré à la Commune de Larra par l’hospice Saint Jacques par délibération de la commission administrative du 28 Mars 1962 selon une estimation financière des « domaines ».
On se souvient que l’Hospice et la Maison de retraite ont hébergé jusqu’au bout de leur vie de nombreux habitants de Larra. Beaucoup y ont même été employés salariés…

LARRA… Sous l’empereur CONSTANTIN

(Michel HASTENTEUFEL)
Après le pillage de la vallée de la Save par une peuplade venue du Nord vers 260, l’habitat de Pièce Grande fut entièrement détruit et ne retrouvera une nouvelle occupation que vers le 12ème siècle.
Une fois les Francs repartis, les populations locales s’établiront vers Emmenot et En Bergé. Ces hypothèses sont encore inscrites dans les traces archéologiques du sol de notre territoire.
En effet l’étude des monnaies découvertes depuis une quinzaine d’années, prouvent qu’une nouvelle occupation eut lieu dans les zones précitées vers le 4ème siècle, plus précisément sous le règne des derniers empereurs romains qui débuta avec Constantin.
« Constantin Ier, empereur de Rome, adoptera le Christianisme comme religion officielle de l’Empire romain. Il transférera la capitale de l’Empire dans une ville nouvelle construite sur le site de l’ancienne Byzance qui portera le nom de Constantinople.

En Bergé

Fils d’un brillant général romain nommé Constance Chlore (le Blême) et d’une fille d’aubergiste nommée Hélène et qui deviendra sainte, Constantin naît vers l’an 274. Sa mère, convertie, se rendra en Terre Sainte en 327 et en ramènera la Vraie Croix. Constantin se fit reconnaître auguste par Maximien, dont il épousa la fille Fausta. En 310, Maxence, fils de Maximien, s’étant fait proclamé empereur à Rome, l’Empire comptait donc plusieurs empereurs.

En 312, Constantin, qui gouvernait la Gaule et la Grande-Bretagne et qui favorisait les Chrétiens, attaqua Maxence qui, lui, régnait sur l’Italie et l’Afrique. Les armées de Constantin fondirent sur Rome, écrasèrent celles de son concurrent d’abord à Turin, puis au Pont Milvius, dans les faubourgs de Rome, où leur chef trouva la mort, noyé dans le Tibre par où il tentait de s’enfuir avec ses troupes débandées. Constantin déclare avoir eu une vision : une croix lui serait apparue dans le ciel portant une inscription «Triomphe par elle». Il fait alors marquer d’une croix les boucliers de ses soldats et obtient la victoire. Un an plus tard, il promulgue l’Édit de Milan qui fait du culte du Christ la religion d’État. Sa conversion lui permet de s’appuyer sur la nouvelle croyance pour restaurer l’unité de l’Empire et un pouvoir totalitaire.

Save

Il convoque lui-même les conciles, notamment celui de Nicée où il fait rédiger un bref résumé des dogmes, devenus obligatoires, que les Catholiques récitent encore aujourd’hui lorsqu’ils célèbrent la messe. Mais sa conversion n’est qu’une mascarade.
Il continue personnellement à prier le Soleil!
Invaincu il n’hésite pas, jusque sur son lit de mort, à ordonner le supplice et l’assassinat de ses ennemis politiques.
Cependant l’Église reconnaissante le canonise. »

En Bergé

On peut se demander comment nos larrassiens vécurent cette période particulièrement troublée?
L’officialisation de la religion Chrétienne dans tout l’empire devait bousculer les idées!
Les Évêques missionnaires tels Saint Séverin allaient pouvoir parcourir la Gaule pour convertir les âmes!