2006 Octobre Compte rendu

 
Après la lecture de l’éphéméride par Claude François, Michel Hastenteufel présente un exposé sur le château de Larra :
Dessine moi un château…” Non, ce n’est pas une boutade, mais un petit défi que je m’imposais après une entrevue avec Jacques SIRVEN, qui me communiquait une petite esquisse vue en plan du château de Larra tel qu’il devait être avant sa reconstruction en 1743. En effet, Jacques a déniché un vieil acte établi par un huissier qui fait une description de l’ancien château. Il n’en fallait pas plus pour laisser travailler notre imagination et à l’aide de l’ordinateur et après trois heures de manipulation de la souris, la demeure de Bernard Tournier à Larra surgissait du passé et se dressait à nouveau devant nos yeux !
Une « maison forte » austère et probablement inconfortable, flanquée de trois tours accolées à un corps très massif… Nous comprenons mieux que cette bâtisse prévue pour un usage défensif et de protection, typique des époques troublées du 16 ème siècle, n’avait plus de raisons d’être au 18 ème siècle lorsque le Président Jean François Tournier la fit démolir pour construire le château que nous connaissons aujourd’hui…
Mais, qu’y avait il donc en ces lieux à l’époque Gallo romaine ? Il faudra peut être se lancer un autre défi et dessiner cette fois un « Laraire… »!Le Maquis « ROGER »
Le samedi 21 octobre, les anciens du Maquis Roger se sont retrouvés pour une cérémonie émouvante au bord de la forêt de Buzet pour déposer une gerbe de fleurs à la stèle qui marque l’endroit où leur camarade Pierre JARRE, dit « Joseph », fait prisonnier lors de la bataille de Naples au Burgaud, fut abattu par la Gestapo le 20 juillet 1944. Plus de soixante ans après, ses camarades sont toujours là pour lui témoigner leur indéfectible souvenir et leur fidélité éternelle
Nous sommes ému de leur invitation et d’avoir pu partager ces moments avec eux car c’est là une belle leçon de mémoire à méditer.
MichelÉtude d’un acte de 1639
(Jacques SIRVEN)

Un contrat de tuilerie à Larra…
Bernard Tournier, né vers 1597, grand père de Jean François Tournier, président à mortier, lui même ancien trésorier de la ville de Toulouse et présentement contrôleur et payeur des gages des officiers du parlement de Toulouse, possède une tuilerie à Larra près de sa métairie de Tournier au lieu dit « En Breilh », un lieu dit dont le nom s’est aujourd’hui perdu.
Le 1er mai 1639, (Louis XIII régnant), il conclut devant Jean DELPECH, notaire Royal à LAUNAC, un contrat pour quatre années avec Pierre CASSAGNE, tuilier.
Celui ci est logé à la métairie d’En Breilh où il pourra élever de la volaille. De plus, le sieur Tournier lui baillera deux cochons, si bon lui semble pour les nourrir et, après, être partagés pour moitié à Noël.
Pour se chauffer, il pourra prendre du bois aux endroits marqués par Bernard Tournier « sans couper aucun arbre vert ni sec au pied ». Il travaillera le jardin, entretiendra la pépinière.
Quant à l’activité de tuilier, il semble que l’on puisse effectuer au maximum cinq cuissons dans l’année.
Le bois pour chauffer le four sera fourni par Bernard Tournier qui indiquera les dimensions que devront avoir les tuiles, ces dimensions étant celles de Toulouse !
A chaque fournée, 4000 tuiles planes seront d’abord réservées à Bernard Tournier, le reste partagé équitablement entre le maître et Cassagne. « Si le sieur Tournier le veut » Cassagne ne pourra donner sa part à quiconque, le maître ayant la priorité et au prix fixé de 11 livres le millier pour les tuiles pleines, 9 livres celui des tuiles canal et 7 livres les autres productions (?).
Après cuisson, Cassagne devra ranger les tuiles sur le patus d’en Breilh.
On peut difficilement estimer la production escomptée. D’après ce contrat, cela pourrait représenter 100 000 tuiles sur quatre ans… Pour mémoire, le premier château, datant d’avant 1647, fut vraisemblablement construit avec la production de cette tuilerie. Il comportait trois étages, partie pierre, partie brique. (Voir esquisse en couverture…)
Il sera détruit vers 1743 pour construire sur le même emplacement, l’actuel château.
Une question reste posée:
…d’où extrayait on l’argile avec laquelle ces tuiles étaient façonnées?


Sur l’extrait de la carte de Cassini ci dessus, datant de 1740, on peut découvrir l’emplacement de la tuilerie qui se situerait donc dans le couloir creusé par le Rieutort au bas du hameau de Bordevieille…
Il devrait certainement subsister des vestiges à trouver dans cette partie boisée de Cavaillé?